VOTRE FEUILLE DE ROUTE
Vous avez choisi d'ouvrir votre cabinet d'astrologie. Chez vous (c'est préférable au début) ou en ville. Pour cela vous devez d'abord choisir un statut juridique. Ce choix est important car il conditionne votre subordination vis-à-vis de tel ou tel organisme de protection sociale.
En tant qu’astrologue, votre choix est cependant limité.
VOTRE STATUT PROFESSIONNEL
Dans tous les cas, vous serez défini comme un entrepreneur individuel en nom personnel.
Vous pouvez opter (les conditions sont les mêmes sur le plan fiscal et la protection sociale) pour la profession libérale ou l’EURL (entreprise à responsabilité limitée dirigée par un gérant unique – le déclarant – par définition non salarié, qui en fixe librement le capital de départ).
Cependant, si votre objectif n’est pas de faire du commerce ou de proposer une activité de service, mieux vaut savoir que la comptabilité de l’EURL risque d’être nettement plus compliquée et les formalités de déclaration un peu plus complexes.
Dans les deux cas, vous devrez payer le même niveau d’assurances sociales personnelles et de cotisations URSSAF.
PROTECTION DU PATRIMOINE PERSONNEL
Tous les professionnels indépendants sont responsables de leurs dettes professionnelles sur leurs biens propres. D’où l’importance de la loi Dutreil pour l'initiative économique du 1er août 2003, qui permet de déclarer comme insaisissable professionnellement l’habitation principale de l’exploitant. Cette déclaration doit être établie par acte notarié et publiée au bureau des hypothèques du lieu de situation de l'immeuble. Si vous n'êtes pas tenu de vous immatriculer à l'URSAFF (en cas de chiffres d'affaires encore insuffisant); cette déclaration doit être publiée dans un journal d'annonces légales à caractère professionnel ou dans un journal d'annonces légales du département où l'activité est excercée.
Rassurez-vous, à moins de faire une véritable escroquerie ou de vous couvrir de dettes inconsidérées, la profession libérale n’expose guère à un risque de faillite dans la mesure où le professionnel ne gère aucun stock de matériel et ne devrait pas engager de frais généraux assez importants pour générer un véritable déficit. Toutes les charges sont à la mesure de la réalité de son activité. En cas de difficultés, vous enverrez une simple déclaration de cessation d’activité à l’URSSAF qui régularisera votre situation vis-à-vis des charges sociales, et ce sera terminé.
VOTRE LOCAL PROFESSIONNEL
Au départ, il semble évident de travailler chez soi (les professions libérales y ont droit sans limite de temps), mais n'oubliez pas de déclarer la surface occupée par votre activité aux services concernés, une fois passée la période probatoire de deux ans durant laquelle vous n'êtes pas soumis à cette obligation. Attention, la proportion de la surface d'habitation consacrée à votre activité peut-être limitée par la loi dans certains agglomérations (notamment à Paris et dans certains départements de la Région Parisienne). En contrepartie, vous pourrez soustraire de votre revenu brut la même proportion de toutes les charges locatives ou d'habitation (électricité, téléphone, Internet, etc.) Il est également possible, désormais, de vous louer à vous même la partie habitable consacrée à votre activité BNC (Bénéfice Non Commerciaux). Ainsi en a conclu le Conseil d'Etat, le 11 avril 2008. Mais cette possibilité est subordonnée au paiement effectif des loyers (à vous-même), et à leurs déclarations au titre des revenus fonciers.
DECLARATION PROFESSIONNELLE
Pour vous déclarer, envoyez simplement une lettre à l’URSSAF dont relève votre résidence (il existe une adresse par département) en indiquant la date à prendre en compte pour votre début d’activité.
Avantage : comme c’est vous qui posterez votre lettre, vous pouvez choisir l’heure de déclaration de votre entreprise à la minute près, pour la faire concorder avec les éléments les plus dynamiques de votre thème. Veillez quand même à faire cette déclaration en Lune montante pour lui donner le temps de s’épanouir dans la durée. De préférence entre le premier et le septième jour.
Choisissez bien la date d’ouverture de votre cabinet : dans les premiers jours d’un trimestre. Car le début d’activité détermine la période (trimestre ou semestre) à partir de laquelle vous serez redevable de cotisations auprès des organismes de protection sociale. Les premiers paiements interviennent après un délai minimum de 90 jours suivant le début d’activité.
L’organisme se chargera de votre inscription dans la nomenclature professionnelle INSEE en vous attribuant un numéro Siret et un code APE correspondant à la nature de votre activité professionnelle. Ces numéros vous suivront tout au long de votre carrière : faites attention à ne pas vous déclarer dans une catégorie fourre-tout, de type « charlatans ». Personne ne vous obligera à ne pas faire de consultation astrologiques si vous vous êtes déclaré par exemple en tant qu’enseignant privé et consultant. Et le fisc, sauf mauvaise année où votre catégorie sera automatiquement contrôlée aura nettement moins tendance à surveiller de près votre dossier.
Vous recevrez ensuite dans les trois mois les documents vous indiquant les divers organismes dont vous relevez et les démarches à entreprendre auprès d’eux. Faites très attention aux caisses des commerçants qui solliciteront votre adhésion, restez ferme sur votre option libérale, et ne renvoyez aucun document rempli aux autres.
Pour l’assurance maladie, vous aurez plusieurs choix même si les prestations sont les mêmes partout (et les cotisations sont alignés légalement). Optez pour la caisse qui vous propose des services supplémentaires dont vous pouvez avoir besoin. Les sociétés mutualistes sont en général très bien placées sur le plan des propositions.
Pour la retraite de base : depuis 2004, c’est la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales) qui gère l’ensemble des cotisations. Cependant, c’est la caisse de retraite complémentaire pour laquelle vous opterez qui fera tous les appels de fonds. La retraite de base est calculée depuis 2004 en pourcentage sur le revenu d’activité et se décompte non plus en trimestres mais en points (100 points par trimestre cotisé, 400 points par an pour la cotisation au plafond de la Sécurité Sociale, 450 points si vous cotisez au-dessus de ce plafond). Sachez, contrairement à un bruit qui court que ce pourcentage est le même quelque soit le statut professionnel que vous aurez choisi. Opter pour le libéral vous permettra simplement de ne pas payer d’impôts en double (ceux de la société et ceux sur vos revenus personnels). C'est de loin la formule la plus intéressante.
La retraite complémentaire pour sa part est devenue obligatoire pour tous les libéraux depuis 2004 et a été alignée en 2007 sur le régime général des salariés (Loi Fillon). Même si le prix du trimestre vous paraît un peu élevé, il est très bien rémunéré, et vous vous rendrez compte rapidement que vous avez intérêt à en acheter davantage si votre caisse vous le propose (à la Cipav, par exemple, vous pouvez doubler chaque année les points de retraites complémentaires auxquels vous avez droit). Attention : vous serez plus facilement accepté par une caisse si vous vous êtes déclaré en tant que consultant qu’en tant qu’astrologue. Et là encore, personne n’ira vérifier ensuite ce que vous faites réellement.
COMBIEN CA COUTE ?
Oui, c’est bien là le problème : à moins de bénéficier des exonérations de charges sociales prévues par la loi, vous devrez payer ces dernières avant même d’avoir commencé à gagner de l’argent. D’où la nécessité de ne pas partir à l’aventure sans avoir constitué auparavant une cagnotte suffisante pour leur faire face pendant au moins la première année. Dès que vous aurez un premier bilan, il vous sera plus facile de demander les remises ou paiements différés que l'on peut vous accorder.
Par ailleurs, si vous êtes salarié depuis au moins 24 mois dans une même entreprise, vous pouvez obtenir (si votre patron l'accepte) un congé non rémunéré d’un an et bénéficier de l’exonération des charges sociales (hors CGS et CDRS) en tant que salarié créateur. Si cela marche, tant mieux, je vous le souhaite. Sinon, vous pourrez toujours rejoindre votre entreprise.
L’ensemble des cotisations sociales que vous aurez à payer dès la première année (sécurité sociale, retraite de base et complémentaire, plus menues cotisations), représentent en moyenne 30 % de vos revenus nets. En compensation, les prestations maladie des libéraux sont désormais alignées sur le régime général.
Durant les deux premières années, l’administration s’appuie, faute de revenus réels, sur des revenus estimés durant les deux premières années. Informez-vous auprès de vos différentes caisses sociales, car ils varient d’année en année.
Cependant, une règle plus récente vous permet (sur demande aux différentes caisses) de ne pas payer de provisions sur charges futures, et de régulariser votre compte sur cinq ans après la date de déclaration. C’est un progrès très appréciable pour les débutants.
Ainsi, ne vous effrayez pas à l’avance et surtout ne généralisez pas ce que vous entendez autour de vous. Les caisses libérales ne veulent pas, en général, la mort des adhérents, et vous serez vraisemblablement inscrit à la CIPAV qui accueille pratiquement tous les consultants ne relevant pas du secteur médical. Cette caisse est très ouverte au dialogue. Mieux vaut cependant solliciter les organismes de paiement à l’avance pour un éventuel planning étalé de paiements que d’encourir des pénalités de retard.
Ensuite, on entre dans le régime de croisière sur la base de la régularisation des cotisations établie par l’URSSAF et la Caisse d’Assurance Maladie sur la base du revenu net réel, avec un différé de deux ans. Ainsi les cotisations de 2008 seront établies sur la base du revenu connu de 2006.
VOUS TROUVEZ CELA ABERRANT ?
Deux solutions : où vous n’avez jamais travaillé de votre vie ou vous n’avez jamais lu correctement votre fiche de paie.
Considérez que ces charges ne portent pas sur le chiffre d’affaires mais sur le revenu net. Pensez également que vous ne serez jamais taxé que sur ce que vous gagnerez… et que vos charges seront – proportionnellement – minimes à vos débuts. D’autant plus qu’il existe un dégrèvement total des cotisations URSSAF et de la retraite complémentaire, en dessous d’un certain revenu net annuel.
CHOISISSEZ BIEN VOTRE DATE D'INSTALLATION
On connaît la raison pour laquelle nombre d’entreprises font faillite la troisième année : elles n’ont pas prévu de provisions pour la régularisation des charges… et ont parfois confondu chiffre d’affaires et revenus nets. Il existe également une autre raison, astrologique cette fois.
Beaucoup de personnes décident de créer leur propre position sociale sous l’impulsion de Jupiter transitant le MC. Or deux ans après environ, Jupiter plonge dans l’ombre de la maison XII. Et les affaires péréclitent pendant au moins un an.
Si vous avez le temps ou la patience, choisissez de créer votre activité avec Jupiter en maison I ou en maison IV, toute indiquée pour une activité à la maison (cela vous laissera du temps pour grandir). Evitez également de le faire en fin de lunaison mensuelle ou en fin de lunaison progressée. Cela réduit beaucoup l’espérance de vie du moindre projet.
Cela ne vous garantira pas une réussite immédiate…qui dépend tout autant de votre talent, de votre sens de la promotion que de votre chance et des circonstances politiques ou sociales, mais au moins, vous n’aurez pas cumulé les obstacles extérieurs et les obstacles astrologiques.
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